L’appel à la grève générale au sein de l’administration publique pour le 5 avril n’aura été qu’un canular. «Jamais l’intersyndicale nationale de l’administration publique n’a donné un préavis de grève au gouvernement», a déclaré, ce mardi soir, son président Fidèle Kiyangi Matangila au terme de la troisième journée des négociations marathon entamées depuis le vendredi 31 mars 2017 à la Primature avec le gouvernement.

«L’intersyndicale a plutôt demandé au gouvernement de trouver des solutions par rapport à la dépréciation du Franc congolais face au dollar et la perte du pouvoir d’achat que connaissent les agents et fonctionnaires de l’Etat …Il n’a jamais été question d’une quelconque grève. Nous avons demandé au gouvernement de nous recevoir pour qu’ensemble nous puissions réfléchir sur comment donner des solutions aux problèmes que connaissent les fonctionnaires », a déclaré à la presse le président national de l’intersyndicale de l’administration publique. Et d’ajouter : «Nous avions dit : si le gouvernement ne nous reçoit pas, nous serons obligés de convoquer l’Assemblée générale des agents et fonctionnaires de l’Etat. Mais le gouvernement nous a reçus depuis vendredi. Les négociations continuent jusqu’à ce que nous allons trouver des solutions»

Le président de l’intersyndicale de l’administration publique s’est dit rassuré par les garanties quant à l’amélioration des conditions sociales des fonctionnaires et agents de l’Etat données par le gouvernement employeur. La partie gouvernementale était, en effet, représentée par le ministre d’Etat en charge du Budget, Pierre Kangudia, son collègue de la Fonction publique Michel Bongongo et le ministre délégué auprès du Premier ministre, Fidel Tsingombay ainsi que le Directeur de cabinet du Premier ministre, Alex Nkusu. Les ministres des Finances, Henri Yav Mulang et son collègue du Budget avaient déjà présenté lundi un modus operandi afin de rencontrer les revendications des mouvements syndicaux.

Selon le président Fidèle Kiyangi, le gouvernement par l’entremise du ministre d’Etat en charge du Budget a pris en compte leurs revendications et s’est engagé d’en rendre compte au Premier ministre pour qu’une solution soit trouvée à brève échéance. Par ailleurs, l’intersyndicale de l’administration publique a souhaité son implication dans le comité de suivi de la paie ainsi que dans la bancarisation des agents et fonctionnaires de l’Etat afin de détecter les doublons et les agents fictifs. L’argent épargné contribuerait ainsi à renflouer les caisses de l’Etat et à l’amélioration les conditions salariales des agents et fonctionnaires de l’Etat. Le président de l’intersyndicale a invité ses affiliés au calme et leur a demandé de poursuivre le travail dans l’attente de la concrétisation du compromis convenu avec le gouvernement. Il sied de rappeler que malgré un contexte socioéconomique et financier de l’exercice 2016, le gouvernement Samy Badibanga a, jusque-là respecté des échéances de la paie de l’administration publique, y compris les forces de sécurité. Fin mars, le gouvernement a mis en place la Caisse nationale sociale des agents publics de l’Etat, C NSAP. Avec pour effet immédiat, le lancement officiel du processus de mise en retraite en dignité de plus de 250.000 agents de l’Etat, soit 35% de l’effectif global de l’administration publique.

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