Trois diplomates onusiens en l’espace de quatre jours chez Samy Badibanga. Après Mamadou Diallo et Saïd Djinnit, respectivement Représentant spécial adjoint du Secrétaire Général de l’ONU, chargé du processus électoral et coordonnateur des missions humanitaires au sein de la MONUSCO, et Envoyé spécial du Secrétaire Général de l’ONU dans la région de Grands lacs, un autre diplomate onusien, David Greesly, ci-devant Représentant adjoint du Secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo en charge des opérations et de l’Etat de droit, s’est entretenu, jeudi 30 mars 2017, avec le Premier ministre. David Greesly s’est livré au jeu des questions et réponses au sortir de l’audience lui accordée à la primature.

De quoi avez-vous parlé avec le Premier ministre Samy Badibanga ?

J’ai discuté avec le Premier ministre sur la situation actuelle dans le pays sur plusieurs dimensions : situation sécuritaire plus particulièrement dans le Kasaï où l’état actuel de choses préoccupe tout le monde. Nous avons parlé aussi des élections qui sont prévues pour cette année afin de voir ce qu’on peut faire pour accompagner le processus dans le but d’aboutir à un bon résultat. Il faut que tout le monde ait accès à l’opération d’enrôlement pour la réussite de la révision du fichier électoral. Nous sommes prêts à accompagner toutes les parties prenantes dans ce processus tant sur le plan politique que sécuritaire.

En quoi consiste effectivement l’apport de la MONUSCO aux différents problèmes que vous avez évoqués ?

Concernant les élections, nous avons déjà apporté un appui logistique important pour la révision du fichier électoral à la CENI notamment le transport d’importants matériels. J’espère qu’on va continuer sur cette lancée pour les élections proprement dites mais dans l’entre-temps, on attend la résolution du Conseil de sécurité qui pourra indiquer dans quel sens nous allons continuer notre collaboration.

Toutefois, nous devrons continuer à travailler avec l’armée congolaise dans l’Est du pays. Notre collaboration s’est beaucoup améliorée. Nous en sommes très contents car les résultats sur terrain sont très satisfaisants.

Quelle lecture faites-vous de la situation dans le Kasaï ?

La situation dans le Kasaï est préoccupante. On doit éviter qu’elle ait un impact négatif tant sur l’opération d’enrôlement des électeurs que sur les élections elles-mêmes. Nous devons travailler sur cet aspect de chose. Voilà pourquoi nous envisageons de renforcer notre présence dans cette région et consolider davantage notre collaboration avec les autorités locales. Le travail d’accompagnement du gouvernement et du peuple congolais doit se poursuivre comme dans le passé.

La MONUSCO envisagerait-elle aussi de combattre les miliciens de Kamuina Nsapu à côté des FARDC comme elle l’a fait dans l’Est du pays ?

Le problème dans le Kasaï requiert une solution plutôt politique que militaire. Parce qu’il y a des revendications là-bas et le gouvernement s’est prononcé pour une issue négociée. On va, non seulement continuer à accompagner le processus, mais aussi travailler avec la police locale qui doit être en avant-plan pour la sécurité de la population. Nous avons déjà apporté notre appui pour la formation de la police. Nous allons poursuivre notre collaboration avec les FARDC en vue d’améliorer la situation des droits de l’Homme dans la région. Nous savons qu’il y a eu une série des massacres dans la région pour lesquelles il faut des enquêtes sérieuses et approfondies. Nous allons toutefois aider l’armée dans la formation des droits de l’Homme et de la chaîne de commandement pour éviter que des bavures se répètent. Nous sommes très disposés à aider l’armée.

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