La sécurité alimentaire demeure un sujet toujours actuel suscitant un intérêt vif en RD Congo. Ce concept de sécurité alimentaire, qui est apparu dans les années 1970, a évolué pour passer des considérations plutôt quantitatives et économiques à la qualité et à la dimension humaine.

En 1996, lors du Sommet Mondial de l’Alimentation, la FAO a expliqué que la sécurité alimentaire aux niveaux individuel, familial, national, régional et mondial existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active.

En 2001, dans la suite de cette évolution de définitions données sur la sécurité alimentaire, la FAO a, pour sa part, relevé que  » la sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine. «

L’alimentation en RDC

Selon un document (tableau) produit lors d’un l’atelier organisé du 19 au 22 mars 2013 par Caritas Congo, sur la sécurité alimentaire, 70 à 75 % de la population congolaise se trouve en insécurité alimentaire chronique. La RD Congo compte parmi ses habitants 6,4 millions en situation de crises et d’urgences alimentaires (IPC, décembre 2012). L’agriculture reste le principal secteur de l’économie de la RDC, qui a représenté 59% du PIB en 2003. La production vivrière représente 80% du PIB agricole et occupe environ 70% de la population active.

Elle est caractérisée par la prédominance du secteur traditionnel, principal pourvoyeur des produits vivriers. Elle est de type extensif, manuel, sans utilisation de fumure et se pratique sur de petites exploitations ne dépassant pas 1,5 hectare en moyenne.

Aussi les rendements sont-ils assez faibles. Le niveau actuel de la production agricole est inférieur de 30 à 40 % à celui de 1997. Les exportations agricoles n’ont représenté qu’environ 10 % du PIB en 2006 en RD Congo, contre 40 % en 1960. Les importations des denrées alimentaires de première nécessité connaissent une augmentation.

La mauvaise qualité des semences, le manque d’outils agricoles, l’absence d’un encadrement agricole et l’usage de techniques de production inappropriées expliquent la faiblesse de la productivité vivrière traditionnelle en RDC, productivité qui est le fondement de la sécurité alimentaire.

Le document affirme que ces 70 % de ménages se trouvant en insécurité alimentaire, soit 44 millions de Congolais, sont fragilisés et vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont 12 millions sont localisés dans les centres urbains. Un sondage d’opinions a été mené auprès de la population congolaise par le SOPPPOC sur leur perception de la pauvreté.

A en croire les résultats de ce sondage, 79 % de la population ne sont pas notamment satisfaits de leur consommation alimentaire.

Conformément à son objectif, l’atelier a dû définir les orientations stratégiques et les actions à mener pour consolider les interventions des structures diocésaines de Caritas Développement portant sur la sécurité alimentaire dans l’optique de la professionnalisation paysanne et de la promotion du mouvement paysan ainsi que les axes d’intervention des programmes/projets de sécurité alimentaire en vue.

Cet atelier en fait s’est inscrit dans le cadre de la grande thématique de la sécurité alimentaire, professionnalisation paysanne et développement du mouvement paysan responsable en République Démocratique du Congo.

Il sied de signaler qu’en 2010-2012, la sous-alimentation chronique a encore touché près de 870 millions de personnes dans le monde. Suivant les estimations, quelque 850 millions de ces personnes (un peu moins de 15 %) se trouvent dans des pays en développement.