Désormais des véhicules d’occase d’au moins 20 ans peuvent être importés en R-dC. Le collectif des syndicalistes des entreprises et services publics opérant au port de Boma (DGDA, LMC, OCC, OGEFREM, SCPT…) est venu, le 21 avril à la Primature, manifester toute sa gratitude au Premier ministre Samy Badibanaga pour l’amendement qu’il a apporté au décret n°02 du 2 octobre 2012 de son prédécesseur Matata Ponyo sur l’importation des véhicules d’occasion de plus de 10 ans de vie.

Badibanga a, en effet, donné une suite favorable au mémo à lui adressé par des bureaux syndicaux des services et entreprises publics opérant au port public de Boma, seule débarcadère officielle pour autos dans la partie Ouest de la R-dC

Matata Ponyo avait fondé son décret sur des soucis environnementaux. Mais, la décision «verte» a entraîné au rouge le niveau des recettes de différents services et entreprises de l’Etat opérant au port de Boma. L’onde de choc a été durement ressentie dans tout le monde des affaires dans le Kongo Central et même dans la capitale. Il sied de rappeler qu’en son temps, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deo Gracias Mutombo s’était montré plutôt critique sur le décret de Matata, redoutant des effets contraires sur les finances publiques.

La mesure du gouvernement avait, en effet, entrainé un mécontentement général à Boma et Matadi, principales villes de la province du Kongo-Central pour qui le marché d’occases, les fameux bilokos (Bill of cost), est le principal pourvoyeur d’emplois, ont fait savoir les syndicalistes à la presse, au sortir de leur entretien avec le Premier ministre. Les navires qui ramenaient plus de deux mille voitures à Boma, n’en déchargeaient plus que moins de cinq cents. Plusieurs agences en douane ont dû fermer leurs portes, faute de marchés. Livrés à l’oisiveté, certains jeunes déclarants ont fini par se lancer dans le grand banditisme dans les villes de Boma et Matadi. Le gouverneur de la province du Kongo-Central, Jacques Mbadu, s’était même élevé avec fougue contre une mesure, disait-il, qui suffoquait économiquement sa province. «Samy Badibanga a non seulement sauvé les entreprises de l’Etat mais surtout des centaines des milliers des vies humaines », confie ce syndicaliste. Qui dit espérer vivement que le Premier ministre ferait un déplacement au Kongo Central. La délégation syndicale dit s’employer à divulguer la nouvelle décision de l’Etat sur l’importation des véhicules d’occasion à Boma. L’Office congolais de contrôle est bien outillé, rassure-t-elle, pour effectuer les contrôles adéquats sur des véhicules importés.

L‘Etat r-dcongolais a installé, depuis quelques années, des centres de contrôle technique notamment dans la capitale pour détecter toute anomalie sur un véhicule, rendant de fait, inopportune le décret portant interdiction des véhicules de plus de 10 ans, foi de cet importateur auto qui n’a pas tari d’éloges sur le Samy Badibanga.

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