A travers les institutions bancaires notamment la Rawbank, le Gouvernement a débloqué une somme de dix millions de dollars américains, en vue de soutenir les activités de petits entrepreneurs pour promouvoir la petite et moyenne industrie.

l’objectif vise aussi de faire germer la classe des congolais riches de demain, des riches issues des secteurs privés capables de se comparer à ceux du monde entier et non des riches issues du secteur public.

Les PME constituent un facteur catalyseur pour la création d’une classe moyenne (ph. BEF, Droits tierces)

Les PME constituent un facteur catalyseur pour la création d’une classe moyenne (ph. BEF, Droits tierces)

Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises et Classe moyenne (PME et CM), Pancrace Boongo Nkoy, l’a annoncé jeudi à Kinshasa au cours d’une cérémonie officielle de lancement du fonds d’appui aux petites et moyennes entreprises (PME) de la République démocratique du Congo (RDC). Il a fait savoir que « ce fonds sera alimenté en fonction de la demande réelle minutieusement étudiée pour éviter l’évaporation des ressources rares ».

« Ce fonds constitue pour le Gouvernement sa réponse due au diagnostic du secteur des PME visant à résoudre l’épineux problème de déficit de financement dans ce secteur, a dit le ministre ».

Il a pour objectif « de corriger les imperfections de différents marchés au niveau de l’offre ou de la demande pour l’atteinte des objectifs socio-économiques du Gouvernement et à mettre fin aux calvaires des PME exclues du système bancaire classique à l’accès au crédit ».

Le ministre Boongo a laissé entendre que « les difficultés d’accès au crédit par les PME étaient essentiellement liées à l’absence de la transparence dans la gestion des PME, à l’insuffisance de fonds propre, à l’absence des états financiers, à des études de faisabilité et à la rentabilité, aux preuves de capacité de remboursement et au manque de garantie des PME ». L’absence d’une étude de marché préalable, des études financières, de la prospective de la clientèle et de la formation à la création de l’entreprise figurent également sur la liste des difficultés éprouvées par les PME.

Stratégie nationale de développement des PME

Selon le ministre des Petites et Moyennes Entreprises et Classe moyenne (PME et CM), le Gouvernement a adopté dans ce cadre une politique d’encadrement des PME en trois programmes en attendant la finalisation de la rédaction de la stratégie nationale de leur développement.

Le premier programme concerne la mise en niveau pour le renforcement de capacité des dirigeants des PME dans le domaine de l’éducation financière, de l’élaboration de diagnostic financier, technique et organisationnel, en vue de leur réhabilitation et leur restructuration.

Le deuxième programme vise l’amélioration de l’environnement pour la création de développement des PME tandis que le troisième concerne les mesures d’appui aux PME qui se focalisent sur les limites des stratégies de financement mise en œuvre jusqu’à ce jour en RDC, telles que les lignes de crédit, le financement direct et la création d’un fonds de contrepartie.

C’est dans ce cadre que le Gouvernement a décidé de mettre en œuvre un fonds spécial d’appui aux PME en vue de leur faciliter l’accès au financement à un taux leur permettant de tirer profit de leurs activités.

Boongo a fait savoir que l’atteinte des résultats favorables dépend de la mise en niveau et de l’amélioration de l’environnement global dans lesquels les PME évoluent. A ce titre, a-t-il dit, «le fonds d’appui aux PME fonctionnera sous forme d’une ligne de crédit apporté aux PME qu’il ne faut pas confondre avec les subventions du Gouvernement ».

Il s’inscrit, a-t-il affirmé, dans la logique d’intermédiation bancaire. Cette tâche est confiée dans un premier temps à la Rawbank grâce « à sa forte implantation sur l’ensemble du territoire national, de sa robustesse financière et de sa vocation à se rapprocher de micro, petite et moyenne entreprise ».

Le Gouvernement, a dit M. Boongo, a institué un Comité d’opérationnalisation du fonds d’appui aux PME prenant cinq provinces dans sa phase expérimentale, à savoir le Haut Katanga, le Kwilu, le Maniema, la Tshopo et la Tshuapa et Kinshasa.

Ce comité d’opérationnalisation, a-t-il précisé, a élaboré huit critères d’éligibilité garantissant le remboursement de crédit et permettant la constitution d’un fonds revolving.

L’accès au crédit est précédé de deux étapes importantes à savoir le dépôt des dossiers des PME auprès des représentations provinciales de l’OPEC pour examen au comité d’opérationnalisation, ensuite vient la transmission des dossiers retenus à la Banque pour une deuxième sélection sur base des conditions d’éligibilité.

C’est à l’issue de cette dernière opération que la Banque communique les listes des bénéficiaires retenus pour une formation et la signature d’un contrat de sécurisation d’un crédit avant qu’intervienne l’octroi d’un fonds, informe-t-on.