Le Sénat a engagé, vendredi au Palais du peuple, un débat autour du projet de privatisation ou de mise en concession intégrée des ports de Boma, de Matadi et du chemin de fer Matadi-Kinshasa, dans le cadre d’une question orale avec débat du sénateur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, adressée à la ministre du Portefeuille, Louise Munga Mesozi.

La question orale portait sur les critères de mise en concession intégrée et le sénateur Djoli a sollicité des éclaircissements sur la procédure de désengagement de l’Etat dans les entreprises publiques. L’auteur de la question a voulu être rassuré sur les perspectives de relance de la Société commerciale des ports et transport (SCTP) (ex-ONATRA) dans toutes  ses dimensions.

«Pouvez vous dire, Madame, le montant généré par la redevance logistique terrestre, redevance qui devrait servir au redressement de la société en général et du chemin de fer en particulier ?», a interrogé le sénateur Jacques Djoli, avant de lui poser la question d’en savoir plus sur l’avenir de la SCTP et la vision du gouvernement.

Le projet de construction d’un port en eau profonde à Banana (Kongo Central) et le critère de pré-qualification ont intéressé également l’auteur de la question avec débat, au cours de la séance plénière sous la direction du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo.

 Les réponses de la ministre du Portefeuille

Dans ses réponses, la ministre du Portefeuille a résumé les préoccupations du sénateur Djoli en trois points à savoir : le respect de la loi sur la réforme des entreprises publiques, l’utilisation de la redevance logistique terrestre et le respect de la loi sur les marchés publics, avec l’objectif ultime de désengagement de l’Etat sur les activités maritimes et des ports.

Mme Louise Munga a évoqué dans ce cadre la dégradation très avancée de la SCTP au niveau du taux d’exploitation, de la situation financière précaire, le vieillissement du personnel (80%) et des mauvais services rendus à la clientèle. Après avoir donné la genèse de la mise en concession intégrée de la SCTP, la ministre du Portefeuille en arrivée aux préalables  à respecter notamment la sauvegarde  des intérêts de l’Etat, la promotion de l’entreprenariat, les droits du personnel et la rentabilisation des intérêts de l’Etat. Bref, un désengagement sans transfert de propriété.

Rien ne se fera sans travailleurs, a-t-elle rassuré. Pour elle, la mise en œuvre sera graduelle, tandis que des effets attendus sont multiples. La ministre reviendra lundi pour répondre aux préoccupations des sénateurs.

ACP/Kayu/ZNG./Ndom.